Interview de Hélène FROEHLICH, athlète Kiwami Racing Team par Courir en Alsace

Interview de Hélène FROEHLICH, athlète Kiwami Racing Team par Courir en Alsace

Interview de Hélène FROEHLICH, athlète Kiwami Racing Team par Courir en Alsace

Bonjour à tous ! Pour cette interview, j’ai choisi de mettre en avant une coureuse/triathlète fort sympathique : Hélène FROEHLICH membre du Team Bernina sport et Kiwami racing team triathlon.
CA : Bonjour comment as-tu vécu cette année 2020 difficile et comment vas-tu ?
HF : Bonjour (et merci beaucoup de m'avoir choisi pour ta première itw!).
Je vais très bien ! Et j'ai envie de dire que même si cette année a été quand même un peu « bizarre", elle m’a donné le courage de donner un nouvel élan à ma carrière professionnelle. Certaines personnes, avant ce que nous vivons aujourd'hui, m'avaient déjà aidé à regarder les choses différemment. 2020 m 'a permis de sortir de ma zone de confort ailleurs qu'au travers de défis sportifs. Finalement cette année a été très riche et épanouissante. Les choses n'ont pas été faciles et tout est allée très vite. Les vacances d'été sont venues précipiter les choses : en novembre je commençais l'école et fin janvier j'étais diplômée. Une fin et un début d'année durant laquelle j'ai mis totalement le sport à l'écart de ma vie pour vivre une belle aventure.
CA : Peux-tu te présenter, et ton rôle dans le running ?
EF : Je pratique le triathlon en réalité mais la course à pied est une des 3 disciplines que j'affectionne particulièrement depuis 2 ans. C'est en tout cas celle dans laquelle je ressens le plus ce sentiment d'évasion, de liberté. Une façon de me recentrer sur moi-même dans une vie qui va parfois à 100 à l’heure ! En même temps ça me vide vraiment la tête et puis courir on peut le faire absolument partout ! Je n'ai pas la prétention de jouer un rôle dans le running, je fais ça avant tout pour le plaisir mais aussi pour partager ce sport avec d'autres personnes. Après en compétition c'est sûr, j'aime gagner et je ne lâche jamais rien. Je suis une teigne (et ça beaucoup pourront le dire à tort ou à défaut) mais je suis fair play. J'accepte la défaite, je ne suis pas une mauvaise perdante. Ces valeurs sont importantes à mon sens car le sport doit rester une source de plaisir, un espace de liberté, pas de contraintes, pas de prises de tête !
CA : D’où te viens cette passion de la course à pied ?
HF : en réalité c'est le triathlon qui m’a amené à courir. J'ai découvert le triple effort en même temps que la natation et le vélo il y a plus de 10 ans…et donc que la course à pied. J'ai fais pas mal de coupures durant toute ces années, des saisons totalement blanches, des saisons pleines et puis aussi à moitié. Mais à certains moments il n'y avait plus d'envie, plus cette "petite" flamme. Alors j'ai ouvert d'autres parenthèses, et je me suis lancée d'autres défis. Je pense que dans la vie il faut parfois savoir se retirer plutôt que d'insister.
CA : En quelle année as-tu débuté le sport ?
HF : le sport c'est un peu l'histoire de ma vie…mais je n'organise pas ma vie en fonction du sport. A moins d'avoir des objectifs précis, et encore ! Il y a tellement de choses que j'aime faire en dehors du sport! En tout cas je ne me sacrifie pas pour ca. J'ai découvert le sport très jeune, j'en ai toujours fais. A 2 ans je faisais de la danse puis j'ai fais aussi du patinage artistique, de la voltige équestre, du ski alpin, de la voile, de la plongée de la gymnastique. Le triathlon est quand même celui qui est resté le plus longtemps dans ma vie pour le moment !
CA : Peux-tu nous citer les courses auxquelles tu as participé ?
HF : étant donné le contexte sanitaire la saison passée j'ai fais 4 courses. Mais du coup le plaisir était d'autant plus grand (un 10 km sur route et deux swim run, un cross duathlon). Les dernières années j'ai fais de tout : trophée des Vosges en trail, course de vtt, course sur route, championnat d'Europe de duathlon de triathlon et de cross triathlon, championnat de France, course sur route. J'ai même essayé une course de natation en eau libre en mer, une belle découverte !
CA : Parle nous de ton club, de ton entraîneur et ton Team ?
HF : Je fais partie d'une team de course à pied Bernina Sélestat dont les profils d'athlète sont très différents (triathlète traileurs, coureurs sur route...) mais tous supers dynamiques ! je fais également partie d'une Team plus spécifique en triathlon, Kiwami racing Team. Je les remercie d'ailleurs d'être là depuis quelques années !
CA : Tu as tout gagné, que rêves-tu encore de faire ?
HF : euh… je n'irais pas jusque-là. Quand je me fixe un objectif je mets tout pour y arriver c'est sûr. Mais c'est comme dans la vie, ça ne marche pas toujours comme on voudrait et comme on l'avait envisagé. Alors si je peux encore avoir un rêve dans le sport c'est de continuer à prendre tout le plaisir que j'ai tous les jours ou presque quand je vais m'entrainer. Que le sport continue encore à contribuer à cet équilibre qui me permet d’être aujourd’hui épanouie entre ma vie pro, ma vie sportive et ma vie de femme. J'ai la chance de très peu me blesser même lorsque je m'entraine beaucoup, j’espère que cela continuera encore longtemps. Et puis surtout j'ai envie de continuer à partager tout cela avec les personnes que j'aime.
CA : Quelle est ta discipline préférée ?
HF : il y a encore deux ans c’était le vélo, aussi bien la route que le vtt mais aujourd'hui je n'arrive pas à avoir une préférence. Je suis toujours contente de partir m'entrainer, quel que soit la météo ou le sport que je vais faire. J'aime vraiment les 3 disciplines du tri. Après c'est sûr que j'ai un peu moins d'affinité avec la natation et ça reste mon point faible. Mais comme j'ai réussi à passer un cap (merci mon préparateur physique préféré et mon partenaire d'entrainement spécial nat!) je rechigne plus à faire 4km à l'entrainement!
CA : Quel athlète est un modèle pour toi dans ta discipline ?
HF : aucun en particulier. Mais j'ai un faible pour la personnalité de François d'Haene, l'abnégation et l'ambition de Kilian Jornet. Enfin j'ai énormément d'admiration et de respect pour les navigateurs du Vendée Globe. Ce sont des modèles d'humilités et de courage et ces valeurs-là me touchent particulièrement.
CA : Quel souvenir le plus marquant peux-tu nous raconter ?
HF : il y a eu beaucoup de courses magiques. Un des plus belles est peut-être ma victoire il y a quelques années sur le triathlon d'Obernai devant une triathlète pro… de 30 secondes. Je sais que je n'aurais pas pu lutter plus longtemps et que 30 secondes sur une course de 4h ce n’est rien ! C'était très dur physiquement et psychologiquement. On m'annonçait toute la course qu'elle était juste derrière et qu'elle remontait. Je ne me suis jamais retournée mais j'entendais comme son souffle. Les 3 derniers km ont été une véritable lutte avec moi-même…et cette athlète ! Finalement même si je l'emporte de très peu c'était un beau moment sportif !
CA : Et maintenant le plus mauvais souvenir ?
HF : il y a 2 ans les Europes de cross triathlon…j'étais partie pour un top 5 amateur mais j'ai crevé 3 fois et finit la course en portant le vélo et courant. Je suis quand même partie sur le parcours pédestre avec d'autres péripéties qui se sont succédé (et oui je n’étais pas encore sauvé mais plutôt énervée.) Je suis quand même 30 eme position à la fin du vélo pour finir à la 19 -ème place. Cette course a été une grande source de frustration parce que c'était mon seul objectif de la saison et que jusque-là j'avais tout gagné les mois d'avant… Après il faut toujours tirer des enseignements et relativiser ; Même dans ce que on ne peut maitriser il y 'a du positif. Rien n'est jamais acquis et puis ça n'est que du sport !
CA : Maintenant peux-tu nous parler de ton programme pour 2021 ?
HF : 2021 devra s'adapter à ma nouvelle carrière…mais comme d'habitude je sais aussi que je vais m'adapter au mieux à mes objectifs dans la mesure du possible.
J’envisage de doubler les Championnats d'Europe de cross duathlon et cross triathlon en septembre dans les Dolomites. J'affectionne particulièrement cet endroit car ces montagnes ont une histoire…. Autrement j'ai prévu un " genre" de traversée de la France avec 4 copains à vélo (alias le club des 5:) Pour le reste je me laisserai surprendre…. (C’est bien de temps en temps de lâcher prise et de ne pas tout planifier.)
CA : Pour terminer un petit mot pour les personnes qui te suivent ?
HF : je ne sais pas si " on me suit" mais… si on me suit surtout pour mes valeurs et ma mentalité avant mes performances, je crois que c'est le plus important. Comme je l'ai déjà dit, être athlète, gagner des courses (ou pas), ce n’est pas une fin en soi. Cela aide énormément dans la vie de tous les jours, dans les coups durs, les moments de doutes, les échecs. Mais la vie c'est aussi plein d'autres choses à réaliser pour être heureux.
Interview réalisé par Courir en Alsace, à suivre sur Facebook @courirenalsace