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Compte rendu de triathlon : mon premier Ironman 70.3

Compte rendu de triathlon : mon premier Ironman 70.3

Ma plus belle et plus difficile course à ce jour : IRONMAN 70.3

Comment décrire ce que j’ai pu vivre pendant cet IronMan 70.3 ? C’est difficile de mettre des mots sur ce que j’ai pu ressentir sur cette épreuve qui fût pour moi incroyable. Je sais aujourd’hui qu’ « Anything is possible ». Pourquoi tout est possible ? Parce que je me suis transcendée, parce que je suis allée au-delà de moi-même, parce que j’ai fait subir à mon corps quelque chose dont il se souviendra longtemps, et parce que même si mon corps me disait « stop », c’est au final mon cœur qui m’a guidé pour parvenir au bout de mon objectif: être finisher de mon premier Half IronMan…

  • Le départ

Le réveil sonne : 4h40 !! Une petite nuit mais bizarrement je me sens en forme.

Un bon petit déjeuner, mes petits tatoo IR 509 (nom numéro de dossard) faisant corps à corps avec ma jambe et mon bras, je me sens prête à en découdre avec cet IronMan 70.3 qui s’annonce costaud et pour lequel je me prépare depuis plusieurs mois.

Check des vélos dans le parc à vélo, c’est bon il est toujours là !! Regonflage des pneus et hop je commence à me mettre en condition d’avant-course.

Vaseline, combinaison, puis nous commençons à nous diriger vers le lac. Barbotage pour tester l’eau (et faire pipi, mais chut, car trop de queue pour les toilettes). Puis il est l’heure d’aller dans les sas de départ (en fonction du temps que nous souhaitons mettre en natation).

Les premiers amateurs prennent le départ par vague de 5 toutes les 8 secondes… Ça y est la pression monte !!

Une tape dans la main avec un copain et hop c’est parti « kiffe à fond ta course », on ne savait pas encore ce qui nous attendait…

  • La partie Natation

C’est le moment où tout s’arrête, où plus rien n’a d’importance autour de moi et où je me dis que je suis complétement seule (enfin j’essaie d’y croire). J’ai tendance à paniquer à l’idée de nager avec du monde autour de moi…

Et bizarrement, cela marche car j’arrive à poser ma nage rapidement en prenant un rythme. Je fais vraiment abstraction du fait que je nage en eau libre dans un lac, au plus profond de moi je me dis que c’est comme en entraînement dans une piscine… Bref, je repense aux conseils que la championne de Bretagne de triathlon m’avait donné l’année dernière : pense à des choses qui te rendent heureuse, alors c’est ce que j’ai fait.

Franchement pour la première fois en triathlon, j’ai pris du plaisir à nager. Les entraînements de plusieurs mois ont payé.

Voilà je sors de l’eau en 39 mn, en ayant fait quelques zigzags. Je sais que je peux encore m’améliorer sur la partie natation mais déjà j’ai fait un grand pas aujourd’hui, en ne paniquant pas.

Pas de fatigue, je me sens bien, prête à affronter le plus dur, mais cela je ne le sais pas encore…

Jusque-là tout allait bien…

Une transition un peu longue car il y a environ 500 mètres entre la sortie de l’eau et le parc à vélo. Je me sèche un peu les bras avant d’enfiler mon tee-shirt Kiwami par-dessus ma trifonction ainsi que mes manchons. Casque, lunettes de soleil (tellement inutiles aujourd’hui), chaussures de vélo et hop hop c’est parti !

  • La partie Vélo de l’extrême

90km de vélo qui s’annoncent, avec 1300m de dénivelé positif, ce n’est pas rien.

Le début du parcours est assez plat, j’en profite pour manger un bout de barre (j’ai découpé mes trois barres en 4 morceaux pour les manger régulièrement) et boire (boisson Maurten que j’ai testée en entrainement).

Gros vent de face pendant les 20 premiers kilomètres. Je double quelques filles. Je me suis fait pas mal doubler par des mecs qui m’encourageaient ce qui fait plaisir.

J’ai encore discuté avec une autre fille, qui m’a fait cette réflexion « on a eu l’averse, c’est bon je ne pense pas qu’on aura encore de la pluie, car je suis déjà gelée », ironique quand on connait la suite. En fait cette averse n’était rien par rapport à l’après…

Une portion de plat où j’avance bien malgré le vent de face…Puis ça y est, il se remet à pleuvoir. Je ne suis qu’au 40ème km et plus je regarde au loin, plus le ciel est noir. Je me prépare donc à 60km d’enfer, c’est le moins qu’on puisse dire.

Une pluie diluvienne, une chaussée complétement détrempée, des personnes qui s’arrêtaient pour sortir leur kway et mettre leurs gants (oh des gens intelligents qui avaient anticipé les conditions !). Perso je n’avais rien, à part mon petit cœur pour me réchauffer…

A partir de ce moment et ce jusqu’à la fin du vélo, cela a été un combat. A quoi ai-je pensé ? A toutes les pires situations que j’avais pu vivre dans ma vie (pour essayer de relativiser avec ce que je vivais).

Alors même si je ne sentais plus mes doigts et qu’ils étaient blancs, je savais que la situation n’était pas encore critique, donc je n’ai pas du tout paniqué et j’ai continué à rouler. J’ai aussi appris pendant mes randos un peu extrêmes que lorsque le cœur se réchauffe, le corps aussi, c’est donc pour cela que j’ai encore pensé à des choses joyeuses.

Un peu avant le sommet du col ou au sommet je ne sais plus (vers le 75km), un monsieur est passé à côté de moi en me disant que c’était bien, qu’on allait y arriver. Il a vu que j’avais tellement froid et m’a proposé qu’on s’arrête pour me donner son kway. Franchement je n’oublierai jamais ce geste. Cette course a été un énorme moment de partage et de solidarité…

Il m’a sorti deux bouts de barres que j’ai engloutis (car je ne pouvais plus manger ni boire à cause de mes mains transies).

J’ai continué, je pouvais encore un minimum freiner. J’ai fait énormément attention, je voyais des gens qui s’arrêtaient, qui marchaient, qui étaient tombés.

Je me suis arrêtée au dernier ravito (au 81km), je leur ai demandé s’ils n’avaient pas une boisson chaude, mais non. Le bénévole m’a dit que j’étais presque arrivée, il m’a donné la force de remonter sur mon vélo et de terminer cette partie de vélo.

Je ne pouvais plus changer les vitesses et plateaux, donc j’ai fait la dernière montée sur la plaque, c’est passé tout seul (je crois qu’à ce moment-là, le vélo paraissait simple par rapport à tout ce que j’étais en train de faire vivre à mon corps).

Un énorme soulagement lorsque j’ai distingué entre mes lunettes de soleil détrempées le panneau « Aix en Provence », pour moi c’était comme si j’avais terminé la course. Je savais que j’irai au bout quoi qu’il arrive.

Je suis arrivée dans le parc à vélo de la deuxième transition, j’ai remarqué en déposant mon vélo que j’avais bu qu’un seul bidon en 3h40, j’allais le payer sur la course à pied… (pareil pour mon stock de barres). Quand je pense que je me suis entrainée à boire et manger en vélo pour que cela passe bien le jour de la course, au final j’ai quasiment rien mangé !

Je me suis réfugiée sous une tente avec des personnes qui parlaient d’abandonner.

Une personne m’a enlevé mes chaussures de vélo, j’ai mis des chaussettes sèches. Pareil on m’a lacé mes baskets, franchement une solidarité dans cette adversité. Mes jambes n’arrêtaient pas de trembler et je claquais des dents. On m’a dit de me trouver une couverture de survie, mais il n’y en avait plus.

Alors je suis allée dans une salle chauffée, avec des personnes qui avaient abandonné ou qui attendaient pour repartir et j’ai demandé à quelqu’un de me donner sa couverture pour que je puisse aller courir.

Une transition de 14 ou 15min du jamais vu…

  • Le Semi-Marathon

Courir avec une couverture de survie, c’était un peu l’accessoire fashion de ce semi ! Franchement quand j’y repense, j’aurais été spectateur, je me serai bien marrée en voyant des zombies courir avec leurs couvertures de survie (les gars arrêtez on n’est pas dans un film là !!)

Je partais pour un semi-marathon sans sentir mon corps, ma tête était présente mais mon corps était bloqué en mode glaçon…

Un semi assez technique avec des montées et des descentes, un passage complètement boueux dans un parc (en mode cross), à faire 3 fois, en gros tu as le temps de le connaître par cœur ! Mes pieds et mes mains ne se sont pas vraiment réchauffés. J’ai dû enlever ma couverture au 6eme km, à chaque ravito quand je demandais de l’eau, mes gobelets ne tenaient pas dans mes mains, les bénévoles ont vite compris qu’il fallait m’assister en me refermant ma main !

Donc j’ai couru à une petite allure de mamie, je sentais que j’allais vraiment chercher toute mon énergie dans mes réserves (que je n’ai pas vraiment).

De toute façon quand j’étais sur mon vélo, le temps que je m’étais fixée pour finir mon premier Half IronMan (moins de 6h), n’avait plus d’importance… Vu les conditions extrêmes, le but était tout simplement de le finir… c’était mon état d’esprit sur le semi marathon (que j’ai fait en 1h54).

Au 14ème, un monsieur en vélo a eu la gentillesse de m’ouvrir mon gel, ce qui m’a donné un petit coup de boost (enfin je l’ai avalé en marchant dans une montée). Je sentais vraiment que j’étais en hypoglycémie car au dernier ravito, à 2km de la fin j’ai dû m’arrêter pour manger une banane.

Lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée, la souffrance s’est envolée comme par magie pour laisser place à un immense bonheur… Et j’ai pleuré, je n’en revenais pas d’y être arrivée tellement cette course a été compliquée. Je ne réalise pas le temps souhaité mais clairement je m’en fiche parce que je l’ai fait et c’est tout simplement énorme ! En 6h45.

Je vous souhaite vraiment de pouvoir vivre une aventure comme celle-ci, qui m’a prouvé que TOUT EST POSSIBLE. Tout a été possible grâce à des personnes d’exception qui m’ont soutenues pendant toute ma prépa, également grâce à toutes les personnes présentes pendant la course (bénévoles, supporteurs, amis), et enfin grâce à toutes les personnes que j’aime et qui étaient présentes dans mon petit cœur pendant cette course…

Tenue :