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Retour sur les championnats du Monde Ironman 70.3 2019 à Nice

Retour sur les championnats du Monde Ironman 70.3 2019 à Nice

Septembre 2019 : Ironman 70.3 World Championship

Je me suis qualifié à l’Ironman70.3 de Cascais au Portugal et aussi en bonus à l’Ironman 70.3 des Sables d’Olonne pour le championnat du monde d’Ironman 70.3 à Nice 2019. C’était pour moi un événement marquant, déjà pour la renommer, mais aussi pour le lieu, Nice qui est dans mon pays, car j’habite maintenant en Suisse et que je me devais de m’y qualifier. Cette année 2019 aura pour moi été très riche et surtout très stressante. Il faut savoir que je me suis fait opérer de la cheville (reconstruction complète des ligaments et par malchance j’ai attrapé l’algodystrophie, appelée aussi Syndrome Douloureux Régional Complexe, très long à expliquer alors je laisserai les curieux se renseigner sur le web) fin de l’année 2018, et que mon retour a été assez long, ce qui me stressait au vu de mes objectifs.

Ma saison s’annonçait très haute en intensité, l’Ironman 70.3 des Sables d’Olonne, Ironman Switzerland Zurich, les ITU World Triathlon Grand Final Lausanne Switzerland, et bien entendu Nice ! J’ai fait le déplacement avec mon ami David Girardet (plusieurs titre à son palmarès dont 2 fois vainqueur des 100km de Bienne Switzerland) qui était lui aussi qualifié. Nous logions dans la maison de mon beau papa, dans le magnifique arrière-pays du Var, non loin de Fayence. Les paysages de cette région sont incroyables, c’est vraiment le paradis du vélo si on aime quand ça grimpe. Arrivé le jeudi pour la course le dimanche, nous avons profité pour aller chercher directement nos dossards, et un petit repérage des lieux. Tout était déjà prêt pour accueillir cet événement, le spot était magique. Une fois le tout récupéré, direction l’arrière-pays pour deux jours de détentes, avec des toutes petites sorties histoire d’avoir les jambes bien légères le jour J.

Ces deux jours étaient vraiment top dans cette région, les cigales qui chantent, les odeurs de toutes ces fleurs (juste à côté de Grâce qui est la ville du parfum), ces vignes et son bon vin ;), l’eau des lacs ou de la mer à une température parfaite pour s’entrainer, des routes de montagnes aussi belles que tout le reste.

Nous avons choisi de dormir dans la ville de Nice la veille, pour ne pas faire d’erreur et être bien frais.

Voilà, nous y sommes, au matin d’une matinée qui s’annonçait être grandiose ! Tous les grands noms étaient bien présents, sauf mon idole Jan Frodeno qui je pense préparait son retour pour Hawaii. C’est quand même dingue d’être aligné sur une course avec tous ces noms qui marque l’histoire du triathlon.

Nous prenions la direction du départ, qui était par vague de groupe d’âge. Pour moi cela ne commença pas de la meilleure des manières, on nous annonce que la combinaison néoprène n’était pas autorisé, et pire l’attache de ma puce électronique c’est cassé, la course a commencé pour moi 30min avant le vrai départ, car il a fallu courir de poste en poste pour trouver un nouvel appareil, puisqu’il m’était impossible de partit avec celui-ci, qui ne tenait plus du tout. J’ai eu beaucoup de chance dans ce malheur, car j’ai trouvé l’endroit ou échanger ma puce au moment où mon groupe d’âge se mettait en forme devant le départ. J’ai donc pris le départ en dernière position, très déçu car je voulais être en première ligne, et on sait que de partir dans les derniers quand on nage assez bien cela n’est pas optimale, bref pas le choix.

Le départ fût enfin donné, en rolling start. Les premiers mètre étaient difficile car il m’a fallu me battre pour essayer de passer ceux devant moi qui commençaient déjà à me ralentir, c’était insupportable…  Je me suis calmer et j’ai décidé de m’écarter pour nager seul quitte à perdre du temps, je me suis dit que cela ne pouvait pas être pire. J’ai fini de nager les 1900m tranquillement, sans stress en 32min loin de mes espérances… Ceci-dit, j’ai pu économiser un peu de jus pour la suite de la course. Je suis sorti et malheureusement mon vélo était placé en première ligne, pratique pour le trouver mais beaucoup moins quand on voit une transition longue de 500m et qu’on doit tout remonter sans pouvoir courir à cause d’un nombre d’athlètes incroyables (il faut savoir aussi que le groupe d’âge parti avant le mien était les 70 et + ).

Me voilà enfin assis sur ma pétroleuse, ma pétroleuse fait yeah! Et là pour moi, c’était l’éclate, du pur plaisir, une étape que j’attendais avec impatience ! J’ai commencé sur les chapeaux de roues, les dix premiers kilomètres à une moyenne de 39,3, sachant que j’ai déraillé au 8ème km à cause d’un virage sec que je ne n’avais pas anticipé, du coup un changement trop brutal de plateau m’a valu un pied au sol et des doigts déjà bien sales ! Pas grave, au contraire cela m’a même donné encore plus d’énergie pour rattraper les 20 sec perdu. La montée commença au douzième kilomètres, pour 35km de folies ! Le niveau était bien au rendez-vous, j’ai l’habitude d’être un peu seul sur ce genre de profilé, mais là, j’ai trouvé des copains pour m’amuser ! C’était vraiment top, on s’est mis la bourre avec un Norvégien tout du long, un coup j’étais devant, un autre c’était lui, jusqu’au quarantième kilomètres ou il a lâché ma roue et n’a pas pu recoller.

J’ai pensé à mon pote David toute la montée en pensant que j’allais peut-être le rattraper, mais ça n’a pas été le cas (il était en zone de pénalité et je suis passé devant lui sans m’en rendre compte). J’attaquais la descente avec prudence mais aussi détermination. Ce paysage était magnifique, la route très belle, mais les triathlètes couverts de sang et couchés au sol m’ont bien refroidit. C’est vrai que la descente était très technique, c’est mieux de bien garder les doigts sur les freins et de ne pas trop prendre de risque, car les falaises sont bien présentent !

J’étais satisfait de ma descente, j’ai quand même dû mettre quelques coup de freins dans des virages car certains étaient un peu trop sur la gauche et pas très rapide. J’ai posé mon vélo en 2:36, belle moyenne pour un parcours comme celui de Nice ! (seule Daniela Ryf chez les femmes aura fait mieux de 3min !)

La transition 2 n’était encore une fois pas idéal pour moi, en pensant qu’ils auraient avantagé ceux qui n’avaient pas eu la chance sur la T1 (comme cela peut arriver sur d’autres courses), et non, la T2 n’était pas au même endroit et ils ont recommencés la même chose qu’à la T1, du coup je descends de mon vélo et suis obligé de marcher sur 400m pour enfin le poser en dernière ligne !

J’entama la course avec le sourire et une grande confiance. Les dix premiers kilomètres à une allure de 3:55/km, je m’étais fixé une moyenne total de 3:50/km que j’ai réussi à tenir jusqu’au cinquième mais de là la douleur à mon genou que j’ai depuis l’Ironman de Zurich s’est réveillé (après IRM passé en octobre il s’est révélé que j’avais la bandelette ilio-tibiale) et j’ai dû baisser de rythme kilomètre après kilomètre pour finir cette course.

La course se fut longue tellement les douleurs étaient fortes, mais le paysage et surtout mes amis et mon papa (qui est venu m’encourager pour la première fois sur un triathlon) m’ont permis de ne pas flanche. J’ai même croisé David qui se baladait avec un sourire jusqu’aux oreilles, un couple d’ami (Karen avait fait la course la veille) a pu m’expliquer qu’il avait chopé une pénalité en vélo… Les derniers kilomètres étaient très difficile, j’ai vraiment dû me faire violence, mais ça en valait vraiment la peine, car l’arrivé sur ce grand tapis rouge était encore une fois bien magique, tellement inexplicable comme sensation, il faut la vivre pour la ressentir ! Ligne d’arrivée en 1:26 et 4:40 au total.

Adrien Scapaticci I Ambassadeur Kiwami Racing Team

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